Dossier de référence

L'alternance en France : panorama chiffré et revue académique

Produit par Prométhée (terminal Cli Générateur Mémoires/Thèses/BP) — v2 du 17/08/2026, extension du dossier de référence du 14/08 (commande Hervé via terminal Lyon Alternance).
Destinataire : terminal Lyon Alternance — page « Le savoir » de l'Observatoire national de l'alternance (tremplin-alternance.fr/savoir/references).
Règle appliquée : aucune référence inventée. Chaque publication a été vérifiée sur pièce (page éditeur/DOI/HAL/institution ouverte le 17/08/2026, URL de vérification au pied de chaque fiche). Les 9 entrées du dossier du 14/08 sont reclassées ici par thème (mention [v1], fiche complète dans le dossier du 14/08) ; les nouvelles entrées portent leur fiche complète. 30 entrées au total (24 à la publication initiale + 6 ajoutées en EXTENSION 17/08, marquées [ext]).
Contrôle qualité : 3 entrées (une par agent de recherche) contre-vérifiées par sondage indépendant avant dépôt (TEPP 2025-05, Céreq Bref n°370, Billet IPP n°38) — concordance exacte ; extension sondée sur l'entrée INJEP n°10 (concordance exacte). Doublon écarté : Céreq Bref n°422 (= entrée v1 §2.8).

Sommaire thématique 1. Insertion et rendement de l'alternance (9 entrées) 2. Économie des aides : effet d'aubaine, coût public, financement (7 entrées) 3. Ruptures de contrat (4 entrées) 4. Orientation, accès et inégalités (6 entrées) 5. Comparaisons internationales et fondamentaux du modèle dual (4 entrées)

1. INSERTION ET RENDEMENT DE L'ALTERNANCE

[v1 §2.2] BONNAL Liliane, MENDES Sylvie, SOFER Catherine — « School-to-work transition: apprenticeship versus vocational school in France », International Journal of Manpower, 23(5), Emerald, 2002. Fondement quantitatif français : avantage net des apprentis dans l'accès au premier emploi, renforcé après correction de la sélection.

[v1 §2.4] ISSEHNANE Sabina — « Le développement de l'apprentissage dans le supérieur : une évaluation empirique à partir de l'enquête "Génération 2001" », Travail et Emploi n°125, 2011. Dans le supérieur : avantage salarial, mais pas d'accès à l'emploi significativement meilleur à caractéristiques contrôlées.

[v1 §2.5] BRÉBION Clément — « L'apprentissage, un meilleur "rendement" professionnel en France qu'en Allemagne », Formation Emploi n°146, Céreq, 2019. L'avantage relatif de l'apprentissage sur la voie scolaire est plus fort en France qu'en Allemagne.

[v1 §2.6] CAHUC Pierre, HERVELIN Jérémy — « The effect of workplace vs school-based vocational education on youth unemployment: Evidence from France », European Economic Review vol. 162, Elsevier, 2024. +15 points d'emploi à 2 ans, mais aucun écart de taux de rappel en cas de chômage : l'avantage passe par la rétention dans l'entreprise formatrice.

[v1 §2.8] CÉREQ (COUPPIÉ Thomas, GAUBERT Émilie, PERSONNAZ Elsa) — « Des parcours contrastés, une insertion plus favorable… » (enquête 2020 auprès de la Génération 2017), Céreq Bref n°422, 2022. 43 % des sortants d'alternance en accès rapide et durable à l'emploi à durée indéterminée, contre 25 % des scolaires sans emploi pendant les études.

COUPPIÉ Thomas, GASQUET Céline — « Comment l'apprentissage favorise-t-il l'insertion professionnelle des CAP-BEP ? » Formation Emploi, n°142, La Documentation française / Céreq, 2018, p. 35-56. Vérification : https://journals.openedition.org/formationemploi/5740 (DOI : 10.4000/formationemploi.5740) — consultée le 17/08/2026.

Question : par quels mécanismes l'apprentissage favorise-t-il l'insertion professionnelle des titulaires de CAP-BEP par rapport à un parcours scolaire équivalent ? Méthode : enquête Génération 2010 du Céreq (interrogée en 2013), échantillon de 3 925 sortants CAP-BEP (89 900 en population pondérée) ; modèles probit et probit bivarié récursif tenant compte de la sélection. Résultats : 62 % des apprentis en emploi à 3 mois contre 53 % des sortants de la voie scolaire (+9 points) ; écart qui se réduit fortement à 3 ans (65 % contre 64 %, non significatif) ; probabilité de maintien chez l'employeur formateur supérieure de 11 points ; 55 % des apprentis (contre 42 % côté scolaire) démarrent dans un emploi correspondant au diplôme visé. Portée : l'avantage de l'apprentissage tient surtout à un accès plus rapide (effet réseau et maintien dans l'entreprise formatrice), pas à un avantage durable en volume d'emploi à moyen terme. Limites : sous-représentation des femmes et des jeunes issus de l'immigration en apprentissage ; données antérieures à la réforme de 2018.

REIST Cindy, AUBRY Antonin, HERZBERG Kendrick, JOUNIN Émeline — « Mesurer précisément l'insertion des sortants de formation initiale : les dispositifs InserJeunes et InserSup » Insee Références — Formations et emploi, édition 2025, Insee, 2025, p. 85-89. Vérification : https://www.insee.fr/fr/statistiques/fichier/8305558/BFE2025-E3.pdf et https://www.insee.fr/fr/statistiques/8305558?sommaire=8306008 — consultées le 17/08/2026.

Question : comment les dispositifs administratifs InserJeunes (Depp-Dares, 2019) et InserSup (Sies-Dares, 2023), fondés sur l'appariement des fichiers de scolarité et des déclarations sociales nominatives (DSN), mesurent-ils l'insertion des sortants, apprentis compris, par rapport aux anciennes enquêtes déclaratives ? Méthode : description et évaluation méthodologique des deux dispositifs (appariement exhaustif scolarité × DSN, taux d'emploi à 6/12/18/24 mois, jusqu'à 30 mois pour InserSup). Résultats : parmi les sortants 2021 de CAP à BTS sans poursuite d'études, 41 % en emploi salarié privé à 6 mois, 55 % à deux ans ; selon les publications Depp associées (Jounin et al., 2024), 71 % des apprentis CAP-BTS sortis en 2021 sont en emploi salarié privé deux ans après, contre 55 % pour les lycéens professionnels de même niveau (+16 points) ; le passage aux données administratives abaisse mécaniquement les taux affichés d'environ 10 points (effet de champ, pas un effet réel). Portée : établit InserJeunes/InserSup comme l'outil de référence exhaustif pour objectiver le rendement en emploi de l'apprentissage, avec des indicateurs par établissement. Limites : ne couvre que l'emploi salarié en France (non-salariat et étranger exclus : taux réels sous-estimés de 3 à 6 points) ; séries non comparables aux enquêtes historiques.

CART Benoît, LÉNÉ Alexandre, TOUTIN-TRELCAT Marie-Hélène — « À l'aube de la réforme de la formation professionnelle, retour sur 20 ans d'insertion des apprentis » Céreq Bref, n°370, Céreq, 2018. Vérification : https://www.cereq.fr/laube-de-la-reforme-de-la-formation-professionnelle-retour-sur-20-ans-dinsertion-des-apprentis — consultée le 17/08/2026 (contre-vérifiée par sondage indépendant le même jour).

Question : comment a évolué, sur vingt ans (Générations 1992, 1998, 2004, 2010), l'insertion des apprentis comparée à des populations scolaires équivalentes ? Méthode : exploitation harmonisée de quatre enquêtes Génération, comparaison de quatre populations à diplôme comparable (apprentis maintenus / non maintenus dans l'entreprise formatrice, scolaires avec / sans expérience de travail), suivi sur 5 ans. Résultats : effectifs d'apprentis doublés entre 1991-92 (220 000) et 2016-17 (412 000), apprentis du supérieur multipliés par 34 entre 1992 et 2010 ; accès à un emploi significatif 4 mois plus rapide au niveau CAP/BEP (1 mois au niveau licence) ; taux de maintien dans l'entreprise formatrice en chute libre entre Génération 2004 et Génération 2010 (de 37 % à 12 % pour les CAP-BEP, de 53 % à 20 % pour les bacheliers). Portée : perspective longitudinale rare — l'avantage d'insertion est réel mais procyclique et érodé sur le maintien en entreprise. Limites : antérieur à la réforme de 2018 ; dernière cohorte mobilisée déjà ancienne.

COUPPIÉ Thomas — « L'insertion professionnelle des alternants de l'enseignement supérieur » État de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation en France, n°16, MESR, 2023. Vérification : https://publication.enseignementsup-recherche.gouv.fr/eesr/FR/T748/l_insertion_professionnelle_des_alternants_de_l_enseignement_superieur/ — consultée le 17/08/2026.

Question : les trajectoires d'insertion des diplômés du supérieur passés par l'alternance se distinguent-elles de celles de la voie scolaire ? Méthode : enquête Génération 2017 (interrogée en 2020-2021), classification ascendante hiérarchique sur analyse des correspondances multiples, trajectoires-types sur 3 ans. Résultats : 54 % des alternants du supérieur accèdent rapidement à un emploi stable en CDI, contre 34 % des diplômés de la voie scolaire ; contrats courts en succession pour 11 % des alternants contre 19 % des scolaires ; avantage de +19 points (femmes) et +23 points (hommes). Portée : confirme l'avantage de stabilisation rapide spécifiquement dans le supérieur, là où l'alternance a explosé après 2018. Limites : analyse descriptive sans contrôle de la sélection ; cohorte marquée par la crise sanitaire de 2020.

2. ÉCONOMIE DES AIDES : EFFET D'AUBAINE, COÛT PUBLIC, FINANCEMENT

[v1 §2.3] CAHUC Pierre, FERRACCI Marc (avec la contribution de TIROLE Jean et WASMER Étienne) — « L'apprentissage au service de l'emploi », Notes du Conseil d'analyse économique n°19, CAE, 2014. Cibler les aides sur les moins qualifiés : la note anticipe dès 2014 le débat 2023-2026 sur le recentrage.

[v1 §2.7] CHOUC Paul-Emmanuel, FILIPPUCCI Francesco, GARROUSTE Manon, MESSI Enora, RAIN Audrey, UHLENDORFF Arne — « Évaluation du plan "1 jeune 1 solution" », rapport IPP n°51. Évaluation de référence de l'aide exceptionnelle à l'embauche d'apprentis (coût supérieur à 5 Md€) et de son effet d'aubaine.

COUR DES COMPTES — « La formation en alternance » Rapport public thématique, Cour des comptes, 2022 (publié le 23 juin 2022, cinq cahiers territoriaux associés). Vérification : https://www.ccomptes.fr/fr/publications/la-formation-en-alternance et PDF intégral https://www.ccomptes.fr/system/files/2022-06/20220623-Formation-en-alternance.pdf — consultés le 17/08/2026.

Question : la réforme de l'apprentissage issue de la loi du 5 septembre 2018 (libéralisation de l'offre, aides à l'embauche, fin du pilotage régional) est-elle financièrement soutenable ? Méthode : audit des comptes de France compétences et des CFA, exploitation Dares/Depp, contrôle des flux de financement (contribution unique, aides d'État, NPEC). Résultats : entrées en apprentissage +98 % depuis 2019 (~800 000 nouveaux contrats en 2021) ; déficit de France compétences de 4,6 Md€ (2020) puis 3,2 Md€ (2021, après 2,75 Md€ de subventions exceptionnelles de l'État), projection proche de 5,9 Md€ pour 2022 sans correction ; coût 2021 réparti entre 5,7 Md€ d'aides employeurs/apprentis et 5,6 Md€ de financement des CFA. Portée : première évaluation consolidée post-réforme de la soutenabilité du système ; socle des travaux ultérieurs (Cour, IGF/IGAS). Limites : dominante budgétaire et organisationnelle, pas d'identification économétrique de l'effet d'aubaine.

COUR DES COMPTES — « Recentrer le soutien public à la formation professionnelle et à l'apprentissage » Note thématique — contribution à la revue des dépenses publiques, Cour des comptes, juillet 2023, 30 p. Vérification : PDF intégral https://www.ccomptes.fr/system/files/2023-07/20230707-note-thematique-Soutien-public-formation-professionnelle-apprentissage.pdf — consulté le 17/08/2026.

Question : le soutien public à l'alternance est-il correctement ciblé sur les publics qui en ont le plus besoin ? Méthode : synthèse des travaux 2021-2023 des chambres de la Cour, comptes de France compétences, données Dares/DGEFP. Résultats : 21,8 Md€ de financements publics en 2022, dont 16,845 Md€ pour la seule alternance (4,36 Md€ d'aides à l'embauche, 4 Md€ de subventions exceptionnelles à France compétences, 1,29 Md€ de compensation d'exonérations) ; coût annuel moyen d'un contrat d'apprentissage estimé à 19 200 €, contre 12 680 € pour un lycéen professionnel et 11 580 € pour un étudiant ; la dépense n'est « pas prioritairement orientée vers les besoins des populations les moins qualifiées ». Portée : chiffrage le plus détaillé du coût unitaire par apprenti comparé aux filières scolaires — argument central du débat sur le ciblage. Limites : note synthétique, pas d'évaluation microéconométrique de l'effet d'aubaine.

IGF / IGAS — « Revue des dépenses publiques d'apprentissage et de formation professionnelle » Rapport de mission, IGF n°2023-M-112-04 / IGAS n°2023-123R, mars 2024, 283 p. Vérification : PDF intégral https://www.igf.finances.gouv.fr/files/live/sites/igf/files/contributed/Rapports%20de%20mission/2024/Revue%20des%20d%C3%A9penses%20publiques%20d%E2%80%99apprentissage%20et%20de%20formation%20professionnelle.pdf — consulté le 17/08/2026.

Question : où réaliser 1,5 Md€ d'économies dès 2025 sur l'apprentissage et la formation professionnelle sans casser la dynamique des entrées ? Méthode : revue de dépense interministérielle, parangonnage international, analyse des NPEC et des aides à l'embauche. Résultats : entrées multipliées par 2,7 entre 2018 et 2023 (321 000 → 852 000, dont 62 % portés par le supérieur) ; coût complet multiplié par 3,4 entre 2018 et 2022 (estimation OFCE citée) ; « surfinancement public » français par rapport aux pays comparables ; pistes chiffrées : réforme des NPEC (220 à 620 M€), rationalisation des dérogations à la taxe d'apprentissage (310 M€), abaissement du seuil d'exonération salariale des apprentis de 0,79 à 0,50 SMIC (277,5 M€). Portée : document interministériel qui a directement nourri la baisse des aides décidée en 2024-2025. Limites : logique d'économies budgétaires assumée, pas une évaluation d'impact académique indépendante.

RAIN Audrey, GARROUSTE Manon, ROSENZWEIG Agathe, BRÉBION Clément — « Les aides publiques à l'apprentissage : pour qui ? pour quoi ? » Billet de l'IPP, n°38, Institut des politiques publiques, janvier 2025. Vérification : https://www.ipp.eu/actualites/les-aides-publiques-a-lapprentissage-pour-qui-pour-quoi/ — consultée le 17/08/2026 (contre-vérifiée par sondage indépendant le même jour).

Question : la baisse programmée des aides à l'embauche (plafonnement à 5 000 € pour les moins de 250 salariés, 2 000 € au-delà) est-elle justifiée au regard de l'efficacité réelle du dispositif ? Méthode : synthèse de la littérature d'évaluation de l'IPP sur l'aide unique et l'aide exceptionnelle, décomposition des bénéficiaires par niveau de diplôme. Résultats : les étudiants de l'enseignement supérieur constituent le principal public bénéficiaire de l'investissement public récent, ce qui interroge l'ampleur de l'effet d'aubaine (public qui aurait largement trouvé emploi ou formation sans l'aide). Portée : relie le débat 2024-2025 sur le ciblage aux résultats économétriques antérieurs de l'IPP. Limites : billet court de synthèse, renvoie au rapport IPP n°51 pour le détail des méthodes.

COQUET Bruno — « L'apprentissage sous pression » OFCE Policy brief, n°157, OFCE / Sciences Po, 5 mai 2026. Vérification : PDF intégral https://www.ofce.fr/pdf/pbrief/2026/OFCEpbrief157.pdf — consulté le 17/08/2026.

Question : la trajectoire de baisse des aides engagée depuis 2023 est-elle cohérente avec la soutenabilité budgétaire et l'efficacité du dispositif ? Méthode : suivi de séries Dares/Insee sur les entrées et le coût public, décomposition du coût par poste (aides à l'embauche, coûts pédagogiques, exonérations). Résultats : coût budgétaire culminant à 24,1 Md€ en 2024, reflux à 22,2 Md€ en 2025 (847 000 nouveaux contrats, -4,9 % sur un an), projection 20,5 Md€ en 2026 — coût unitaire réel ramené à son niveau de 2019 ; en 2025 les apprentis représentent 4,8 % de l'emploi salarié privé (France en tête en Europe : Allemagne 3,2 %, Autriche 2,7 %). Portée : évaluation la plus récente (2026) de la trajectoire post-« quoi qu'il en coûte », montre l'inertie des aides et le besoin d'harmonisation socio-fiscale apprentis/étudiants. Limites : policy brief d'un seul auteur ; chiffres 2026 en partie des projections.

3. RUPTURES DE CONTRAT

DARES — « Quelles causes aux ruptures des contrats d'apprentissage ? » Dares Analyses, n°63, Dares (ministère du Travail), 31 octobre 2024, 8 p. Vérification : la page https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publication/quelles-causes-aux-ruptures-des-contrats-dapprentissage est protégée par un contrôle anti-robot ; titre exact, numéro, date et chiffres confirmés par deux relais institutionnels ouverts : note DREETS Nouvelle-Aquitaine, janvier 2025 (https://nouvelle-aquitaine.dreets.gouv.fr/sites/nouvelle-aquitaine.dreets.gouv.fr/IMG/pdf/art_actualites_etude_dares_160125.pdf, texte intégral) et Centre Inffo (https://www.centre-inffo.fr/site-centre-inffo/actualites-centre-inffo/le-quotidien-de-la-formation-actualite-formation-professionnelle-apprentissage/articles-2024/ruptures-des-contrats-dapprentissage-les-conditions-de-travail-sur-la-sellette) — consultés le 17/08/2026. À re-consulter sur la page Dares via navigateur avant citation médiatique directe.

Question : quels sont les taux, causes et suites des ruptures de contrat d'apprentissage ? Méthode : enquête auprès des apprentis entrés à la rentrée 2018 dans une formation d'au moins deux ans (CAP à bac+2), suivis 18 mois, modèles « toutes choses égales par ailleurs ». Résultats : 36 % des apprentis rompent au moins un contrat dans les 18 premiers mois ; taux décroissant avec le niveau (42 % au CAP, 27 % à bac+2) et la taille de l'entreprise (43 % dans les moins de 5 salariés, 19 % au-delà de 250) ; hébergement-restauration à 55 % ; les conditions de travail sont la première cause (une mauvaise ambiance accroît le risque de 187 %) ; l'origine sociale pèse (31 % de rupture avec deux parents cadres/professions intermédiaires contre 43 % avec au moins un parent inactif) ; seuls 11 % des sortants sont revenus en apprentissage au 1er mars 2020. Portée : première mesure nationale récente des déterminants fins des ruptures — directement utile au pilotage des CFA et à l'accompagnement des familles. Limites : cohorte 2018 antérieure au boom post-réforme ; suivi limité à 18 mois ; causes déclaratives.

[ext] INSTITUT PARIS RÉGION (MOUSAID Saïda, FARVAQUE Nicolas, PELLETIER Jeanne, CROVELLA Élise, MOKKEDEM Leïla, TOUTIN Marie-Hélène) — « Ruptures des contrats d'apprentissage en Île-de-France : mesurer, qualifier et prévenir » Rapport d'étude, Institut Paris Région (OREF), 2024. Vérification : https://www.institutparisregion.fr/nos-travaux/publications/ruptures-des-contrats-dapprentissage-en-ile-de-france/ et rapport PDF associé — consultée le 17/08/2026.

Question : comment se caractérise le phénomène des ruptures en Île-de-France (environ 24 % des contrats nationaux) et quels leviers de prévention en dégager ? Méthode : analyse statistique régionale des contrats signés, croisée à un travail de terrain (observations et entretiens), dans le cadre de la mission interministérielle pour l'apprentissage. Résultats : taux de rupture à 9 mois de 23 % pour les femmes contre 19,5 % pour les hommes ; 36 % dans l'hébergement-restauration ; 28 % dans les petites entreprises contre 12 % dans les 250 salariés et plus ; 12,6 % pour les contrats d'un an contre 37,6 % pour les contrats de deux ans. Portée : leviers d'action différenciés selon secteur, taille, durée de contrat et genre. Limites : étude régionale, non généralisable telle quelle ; mécanismes causaux à approfondir par le volet qualitatif.

[ext] DREETS GRAND EST (Service Études Statistiques Évaluation) — « Les ruptures à 6 mois en apprentissage de 2019 à 2022 » Étude statistique, DREETS Grand Est, 2024 (5 février 2024, mise à jour mai 2025). Vérification : https://grand-est.dreets.gouv.fr/Une-etude-sur-les-ruptures-des-contrats-d-apprentissage — consultée le 17/08/2026.

Question : comment évoluent, entre 2019 et 2022, les taux de rupture dans les six premiers mois, dans le Grand Est comparé au national ? Méthode : exploitation de données administratives régionales, comparaison des taux à 6 mois par niveau de formation. Résultats : pour les contrats démarrés en 2022, 15,5 % de rupture à 6 mois dans le Grand Est contre 16,2 % au national ; hausse continue depuis 2020 quel que soit le niveau ; taux plus élevés pour CAP/BEP et bac+2, plus faibles pour bac+5. Portée : baromètre régional récurrent pour le pilotage de la sécurisation des parcours. Limites : rupture précoce uniquement (pas le devenir ultérieur) ; causes individuelles non documentées.

[ext] CAPDEVIELLE-MOUGNIBAS Valérie — « Arrêter une formation par alternance. Les enjeux de la relation au maître d'apprentissage » Diversité, n°180 (dossier « Mosaïque de l'alternance »), Réseau Canopé, 2015, p. 100-105. Vérification : https://www.persee.fr/doc/diver_1769-8502_2015_num_180_1_4048 — consultée le 17/08/2026.

Question : les explications institutionnelles courantes des ruptures (orientation par défaut, manque d'intérêt, comportement de l'apprenti) rendent-elles compte de la complexité du phénomène ? Méthode : article de synthèse et de repositionnement critique, appuyé sur la littérature et le rôle des acteurs (apprenti, maître d'apprentissage, CFA, parents). Résultats : plus de 100 000 contrats rompus chaque année, taux national avoisinant 25 % ; les explications individualisantes occultent les conditions de travail et le rôle déterminant de la relation au maître d'apprentissage. Portée : déplace le regard des causes individuelles vers les dimensions relationnelles et structurelles — utile pour repenser l'accompagnement. Limites : article de synthèse, pas d'enquête empirique originale.

4. ORIENTATION, ACCÈS ET INÉGALITÉS

[v1 §2.9] KERGOAT Prisca — « De l'indocilité des jeunesses populaires. Apprenti·e·s et élèves de lycées professionnels ». Regard sociologique sur les publics de la voie professionnelle.

ANNE Denis, CHALLE Laetitia, CHAREYRON Sylvain, L'HORTY Yannick, NOET Ngoc-Thao — « Des difficultés de recrutement dans la restauration ? Un test de discrimination dans l'accès à l'apprentissage à Paris » TEPP Rapport de recherche, n°2025-05, TEPP – CNRS, 2025. Vérification : https://ideas.repec.org/p/tep/tepprr/rr25-05.html — consultée le 17/08/2026 (contre-vérifiée par sondage indépendant le même jour).

Question : l'accès à l'apprentissage est-il discriminatoire selon l'origine, y compris dans un secteur en pénurie de main-d'œuvre ? Méthode : testing par correspondance — envoi en avril 2025 de paires de candidatures spontanées identiques à la consonance du nom près (française vs maghrébine supposée) à un échantillon aléatoire de 947 restaurants parisiens. Résultats : 17 restaurants à contacter en moyenne pour une réponse positive côté consonance française, contre 30 côté origine maghrébine supposée ; écart relatif des taux de réponses positives de 46 %, l'un des plus élevés constatés dans ce type d'étude. Portée : l'accès à l'apprentissage — angle mort des campagnes de testing — est fortement sélectif selon l'origine, même quand l'employeur peine à recruter. Limites : un seul secteur (restauration), un seul territoire (Paris), mesure au stade du premier contact.

CART Benoît, TOUTIN-TRELCAT Marie-Hélène — « L'apprentissage après la réforme de 2018 : nouveaux acteurs, nouveaux défis » Céreq Bref, n°462, Céreq, décembre 2024, 4 p. Vérification : https://www.cereq.fr/lapprentissage-reforme-nouveaux-acteurs — consultée le 17/08/2026.

Question : comment la loi « Avenir professionnel » de 2018 a-t-elle transformé l'accès à l'apprentissage, ses publics et son offre ? Méthode : exploitation des données administratives sur les contrats et les organismes de formation avant/après réforme. Résultats : flux annuel de contrats plus que doublé, de 305 000 (2017) à 736 000 (2021) ; l'enseignement supérieur représente 60 % des contrats contre 38 % en 2017 ; 41 % des contrats 2021 relèvent de formations nouvellement créées ; le nombre d'entreprises employeuses double de 187 000 à 387 000, les PME concentrant environ 70 % des contrats. Portée : documente le basculement de l'apprentissage français vers le supérieur et l'arrivée massive de nouveaux CFA et employeurs — cadrage indispensable pour lire orientation et ruptures. Limites : constat descriptif à l'horizon 2021, sans mesure causale ni qualité des insertions.

[ext] KERIVEL Aude, SULZER Emmanuel — « Inégalités dans l'accès aux stages, à l'apprentissage et à l'enseignement professionnel : des formations empêchées ? » INJEP Analyses & synthèses, n°10, INJEP, 2018, 4 p. Vérification : https://injep.fr/publication/inegalites-dans-lacces-aux-stages-a-lapprentissage-et-a-lenseignement-professionnel-des-formations-empechees/ — consultée le 17/08/2026 (contre-vérifiée par sondage indépendant le même jour).

Question : comment se manifestent les inégalités sociales et territoriales dans l'accès aux stages, à l'apprentissage et à l'enseignement professionnel ? Méthode : deux enquêtes 2014-2016 — stages de 3e (2 099 élèves dans 25 établissements de Sarthe et des Yvelines, 1 510 réponses post-stage, 955 questionnaires parents, 970 réponses employeurs) et enquête comparative apprentissage (1 043 lycéens professionnels et 889 apprentis dans quatre régions, 25 entretiens). Résultats : 69 % des élèves hors REP des Yvelines font le stage de leur choix contre 43 % en REP ; les élèves de REP contactent deux fois plus d'entreprises pour un résultat moindre ; 30 % des lycéens professionnels auraient préféré l'apprentissage mais n'ont jamais tenté la démarche, par méconnaissance des procédures. Portée : documente la barrière informationnelle et territoriale à l'accès à l'apprentissage, en amont même des choix scolaires. Limites : enquêtes localisées, non représentatives nationalement ; format synthétique.

[ext] DEPP — « L'orientation en CAP par apprentissage ou par voie scolaire : profil des élèves à l'issue de la troisième » Note d'Information, n°18.22, DEPP (ministère de l'Éducation nationale), septembre 2018. Vérification : https://pmb.cereq.fr/doc_num.php?explnum_id=4634 — consultée le 17/08/2026.

Question : quels profils socio-scolaires pour les élèves orientés vers un CAP par apprentissage vs par voie scolaire à l'issue de la troisième ? Méthode : panel d'élèves du second degré (MEN-MESRI-DEPP, panel 2007), croisé aux systèmes d'information de l'Éducation nationale, de l'Agriculture et des CFA. Résultats : 11,0 % des élèves s'orientent en CAP (4,5 % par apprentissage, 6,5 % par voie scolaire) ; l'apprentissage accueille davantage de garçons et d'enfants d'artisans/commerçants, moins d'enfants d'immigrés et d'élèves issus de SEGPA ; les apprentis affichent un moindre retard scolaire et de meilleures compétences en français et mathématiques que les lycéens professionnels. Portée : établit, sur cohorte nationale suivie, une sélection sociale et de genre dès l'entrée en apprentissage. Limites : note synthétique sans décomposition des mécanismes (auto-sélection vs sélection employeurs) ; cohorte 2007.

[ext] CART Benoît, LEMARCHANT Clotilde, PERNOD-LEMATTRE Martine — « L'apprentissage dans l'enseignement supérieur à l'épreuve du genre » Travail, genre et sociétés, n°52 (2024/2), La Découverte, 2024, p. 135-138. Vérification : https://shs.cairn.info/revue-travail-genre-et-societes-2024-2-page-135?lang=fr — DOI 10.3917/tgs.052.0135 — consultée le 17/08/2026.

Question : l'essor de l'apprentissage dans le supérieur reproduit-il la ségrégation de genre, et son rendement diffère-t-il selon le sexe ? Méthode : dossier de cadrage mobilisant les données DEPP sur les apprentis du supérieur (2021-2022) et les enquêtes Génération du Céreq (emploi à trois ans, part de CDI, statut, salaire médian). Résultats : les femmes représentent 48 % des apprentis du supérieur en 2021-2022 contre 56 % des effectifs du supérieur — sous-représentation dont seules les écoles de commerce s'écartent (56 % d'apprenties contre 51 % d'étudiantes) ; la prime d'insertion/salaire de l'apprentissage est systématiquement un peu plus élevée pour les hommes. Portée : l'essor de l'apprentissage dans le supérieur reconduit les inégalités de genre dans l'accès et dans les rendements. Limites : dossier de cadrage introduisant un numéro thématique — renvoie aux articles empiriques du numéro pour le détail.

5. COMPARAISONS INTERNATIONALES ET FONDAMENTAUX DU MODÈLE DUAL

[v1 §2.1] WOLTER Stefan C., RYAN Paul — « Apprenticeship », Handbook of the Economics of Education vol. 3, chap. 11, Elsevier, 2011. Cadre d'analyse de référence : pourquoi des entreprises financent-elles la formation d'apprentis.

OCDE — « Seven Questions about Apprenticeships: Answers from International Experience » OECD Reviews of Vocational Education and Training, OECD Publishing, Paris, 2018, 142 p. Vérification : PDF intégral https://www.oecd.org/content/dam/oecd/en/publications/reports/2018/10/seven-questions-about-apprenticeships_g1g95a30/9789264306486-en.pdf ; DOI https://doi.org/10.1787/9789264306486-en — consultés le 17/08/2026.

Question : comment concevoir et réformer un système d'apprentissage — sept questions de politique publique (utilité, incitations financières aux employeurs, salaire de l'apprenti, durée, formation en entreprise, publics fragiles, attractivité). Méthode : synthèse comparative internationale du projet OCDE « Work-based Learning in VET » (présidence Stefan Wolter). Résultats : dans la plupart des pays, l'apprenti passe plus de 50 % de son temps en entreprise ; le salaire doit refléter l'équilibre coûts-bénéfices par métier (en Suisse, un apprenti adulte gagne environ deux tiers du salaire d'un non-qualifié, contre un cinquième pour un jeune apprenti) ; l'Angleterre impose aux employeurs publics de plus de 250 salariés un quota de 2,3 % d'apprentis. Portée : cadre de référence international pour la calibration d'un système dual (durée, salaire, subventions). Limites : synthèse de politiques plus que d'évaluations causales.

HANUSHEK Eric A., SCHWERDT Guido, WOESSMANN Ludger, ZHANG Lei — « General Education, Vocational Education, and Labor-Market Outcomes over the Lifecycle » Journal of Human Resources, vol. 52, n°1, University of Wisconsin Press, 2017, p. 48-87. Vérification : https://jhr.uwpress.org/content/52/1/48.abstract ; DOI https://doi.org/10.3368/jhr.52.1.0415-7074R — consultés le 17/08/2026 (contre-vérifiée par sondage indépendant le même jour).

Question : l'avantage d'insertion initial de la formation professionnelle se paie-t-il d'une moindre employabilité en fin de carrière ? Méthode : différence de différences sur les taux d'emploi par âge des diplômés des voies générale et professionnelle, microdonnées IALS de 11 pays, complétées par le Microcensus allemand 2006 et des données autrichiennes de fermetures d'usines. Résultats : à l'entrée dans la vie active, les diplômés de la voie générale ont une probabilité d'emploi inférieure de 6,9 points ; l'écart se referme de 2,1 points par décennie et s'inverse vers 49-50 ans ; arbitrage le plus marqué dans les trois pays d'apprentissage dual (Danemark, Allemagne, Suisse). Portée : résultat majeur — les gains de transition école-emploi du modèle dual peuvent s'éroder avec le changement technologique, ce qui plaide pour des socles de compétences générales solides dans les cursus professionnels. Limites : effets d'âge et de cohorte difficiles à séparer (reconnu par les auteurs) ; analyse centrée sur les hommes.

MUEHLEMANN Samuel, WOLTER Stefan C. — « Return on investment of apprenticeship systems for enterprises: Evidence from cost-benefit analyses » IZA Journal of Labor Policy, vol. 3, article 25, Springer, 2014, 22 p. Vérification : https://www.econstor.eu/handle/10419/154697 (texte intégral https://www.econstor.eu/bitstream/10419/154697/1/818559527.pdf) ; DOI https://doi.org/10.1186/2193-9004-3-25 — consultés le 17/08/2026.

Question : la formation d'apprentis est-elle rentable pour l'entreprise formatrice, et sous quelles conditions institutionnelles ? Méthode : synthèse comparée des enquêtes coûts-bénéfices représentatives auprès des entreprises formatrices (enquêtes suisses 2000, 2004, 2009 ; allemandes 2000 et 2007 — plusieurs milliers d'entreprises par vague). Résultats : les entreprises suisses dégagent en moyenne un bénéfice net dès la période de formation (coûts nets de −1 700 à −3 200 CHF selon les vagues) ; en Allemagne la formation reste un investissement net (3 596 € en 2007), mais le coût net moyen a chuté de 36 % entre 2000 et 2007 et environ 30 % des entreprises sont bénéficiaires avant la fin du contrat ; la rétention compense l'investissement (~50 % des apprentis restent au moins un an chez leur formateur en Allemagne, 36 % en Suisse). Portée : référence centrale pour comprendre pourquoi des entreprises forment sans subvention massive (modèle suisse « productif ») ou en pariant sur la rétention (modèle allemand « investissement ») — éclairage direct pour la politique française de primes. Limites : deux pays seulement disposent de données solides.

Méthodologie de constitution État de l'art constitué le 17/08/2026 par recherche en ligne avec vérification sur pièce de chaque référence (page éditeur, DOI, HAL, Cairn ou site institutionnel ouvert le jour même — URL de vérification au pied de chaque fiche ; pour la seule Dares Analyses n°63, page source protégée par contrôle anti-robot, vérification par deux relais institutionnels, à re-consulter sur pièce avant citation médiatique directe). Sélection limitée aux revues à comité de lecture et aux institutions d'évaluation reconnues (IPP, Céreq, Dares, Insee, MESR, CAE, Cour des comptes, IGF/IGAS, OFCE, OCDE, TEPP-CNRS, IZA). Aucun chiffre rapporté de mémoire : tous proviennent du document source consulté. Contrôle qualité par sondage indépendant sur 3 entrées (concordance exacte). Usage d'une assistance IA (Claude) déclaré, conformément à la charte de l'Observatoire.

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